1991 - Alessandro Primo

An 1991
Navire Alessandro Primo
Lieu Molfetta, Italie
Type de cargo En vrac
Produits chimiques ACRYLONITRILE

Résumé

Le 1er février 1991, à 11h15 du matin, le M/T Alessandro Primo battant pavillon italien, de la Companie Trasporti Marittimi, a fait naufrage approximativement à 16 milles au large de Molfetta, au sud-est de l'Italie. Dès 12h00, tous les membres de l'équipage avaient été évacués par hélicoptère.

L'acrylonitrile est toxique sous forme liquide comme sous forme de vapeur et peut être fatal à fortes concentrations. On a également constaté qu'il est cangérigène si la période d'exposition est prolongée. Mais une exposition de courte durée ne semble pas causer de dommage permanent une fois que la personne s'est remise d'une exposition aigüe.

Étant donné que l'acrylonitrile a tendance à se polymériser au cours du transport et du stockage, on ajoute au liquide un inhibiteur qui empêche temporairement cette réaction. Sans inhibiteur, la réaction devient incontrôlée et la chaleur ainsi libérée peut provoquer une explosion du produit chimique, notamment lorsque celui-ci est dans un récipient.

Répandu dans le milieu marin, l'acrylonitrile se dissout et s'évapore.

Le dichloréthane est un liquide inflammable. Les produits de combustion comportent de l'hydrogène, du chlore et du phosgène. Ses vapeurs sont plus lourdes que l'air et peuvent provoquer des étourdissements. Si elles sont inhalées, elles peuvent être toxiques. Le contact de ce produit peut provoquer des irritations des yeux et des irritations ou des brûlures de la peau. Répandu dans l'environnement, le dichloréthane coule et s'évapore.

narratif

Le 1er février 1991, à 11h15 du matin, le M/T Alessandro Primo battant pavillon italien, de la Companie Trasporti Marittimi, a fait naufrage approximativement à 16 milles au large de Molfetta, au sud-est de l'Italie. Dès 12h00, tous les membres de l'équipage avaient été évacués par hélicoptère.

L'acrylonitrile est toxique sous forme liquide comme sous forme de vapeur et peut être fatal à fortes concentrations. On a également constaté qu'il est cangérigène si la période d'exposition est prolongée. Mais une exposition de courte durée ne semble pas causer de dommage permanent une fois que la personne s'est remise d'une exposition aigüe.

Étant donné que l'acrylonitrile a tendance à se polymériser au cours du transport et du stockage, on ajoute au liquide un inhibiteur qui empêche temporairement cette réaction. Sans inhibiteur, la réaction devient incontrôlée et la chaleur ainsi libérée peut provoquer une explosion du produit chimique, notamment lorsque celui-ci est dans un récipient.

Répandu dans le milieu marin, l'acrylonitrile se dissout et s'évapore.

Le dichloréthane est un liquide inflammable. Les produits de combustion comportent de l'hydrogène, du chlore et du phosgène. Ses vapeurs sont plus lourdes que l'air et peuvent provoquer des étourdissements. Si elles sont inhalées, elles peuvent être toxiques. Le contact de ce produit peut provoquer des irritations des yeux et des irritations ou des brûlures de la peau. Répandu dans l'environnement, le dichloréthane coule et s'évapore.

Reprendre

A la suite des opérations de recherche et de sauvetage, le capitaine du port de Molfetta a effectué une évaluation d'impact sur l'environnement et les décisions suivantes ont été prises:

a) déclarer l'état d'urgence;

b) instituer un comité technique consultatif;

c) interdire la navigation et la pêche dans un rayon de 10 milles autour du lieu du naufrage;

d) patrouiller sur une zone plus étendue, par air et par mer, avec instruction de notifier tout fait inhabituel, masse de poissons morts, présence inhabituelle d'oiseaux marins, iridescence, etc.;

e) procéder à des recherches avec un engin télécommandé (ROV: Remote Operated Vehicle - Véhicule commandé à distance) pour localiser l'épave;

f) ordonner au propriétaire d'enlever l'épave pour éviter une éventuelle pollution.

L'épave a pu être localisée avec quelque difficulté. Elle reposait par 108 mètres de fond avec l'étrave complètement enfouie dans la boue. La partie arrière était bien dégagée du fond et le gouvernail et les hélices nettement visibles. De plus, la présence de grandes quantités de boue vers la partie avant et l'angle de l'épave avec le fond indiquait la trajectoire suivie par le navire en coulant et l'on a estimé à 7m/sec la vitesse avec laquelle il a touché le fond (Figure 1).

Les images vidéo obtenues par le ROV indiquaient une fuite dans une bride d'accouplement de la tuyauterie de la cargaison en haut de la citerne no 5 qui contenait de l'acrylonitrile. La dissolution de la peinture des tuyauteries de l'épave et un mouvement ascendant du produit vers la surface de l'eau ont confirmé qu'il s'agissait bien d'acrylonitrile (l'acrylonitrile est moins dense que l'eau).

On a prélevé des échantillons d'eau autour de l'épave et ce n'est que le 5 février que l'on a détecté des traces appréciables d'acrylonitrile (2,7 ppm).

Il était nécessaire de colmater la fuite ou de réduire le débit des pertes, opération qui devait être réalisée par des plongeurs, pendant que l'on réfléchissait à la façon de récupérer les produits des citernes. Il était exclu de relever l'épave intacte car la structure de la coque était endommagée.

Le colmatage de la fuite devait être exécutée par des plongeurs mais il fallait tenir compte: 1) de la profondeur à laquelle les plongeurs auraient à travailler; et 2) de la nature toxique des produits et des propriétés de solvant de l'acrylonitrile sur le matériel et équipement de plongée, comme les combinaisons en caoutchouc.

Étant donné ces problèmes et l'absence de données toxicologiques (comme TLVs: Threshold Limit Value - Valeur Limite de Seuil) pour un milieu qui contient des mélanges hélium-oxygène, il a été décidé d'observer un seuil de sécurité zéro pour préserver la santé des plongeurs. Cette décision imposait l'observation de procédures rigoureuses pour le transfert des plongeurs en chambre de décompression après la plongée.

Les fuites d'acrylonitrile ont pu être stoppées par des bouchons d'étanchéité spéciaux fixés sur les prises d'air des vannes de la citerne no 5 pour réduire l'entrée d'eau et en utilisant des résines époxy spéciales sur les joints. L'opération s'est terminée le 21 février.

Après l'obturation des fuites, l'attention s'est reportée sur la récupération des produits de l'épave. Le sauvetage du navire et de sa cargaison n'était pas possible étant donné le mauvais état du bateau. La pression de l'eau avait provoqué l'implosion (explosion vers l'intérieur) des citernes latérales vides. Il fallait, en outre, veiller à ce que chaque produit récupéré et les eaux de lavage des citernes soient maintenus séparés pour que les produits récupérés puissent être régénérés et réutilisés.

Les opérations de récupération devaient être organisées de telle sorte qu'elles puissent assurer:

1) la protection maximale de ceux qui travaillaient à la surface ou sous l'eau;

2) le transfert le plus rapide possible des produits et des eaux de lavage des citernes;

3) la surveillance continue des eaux de la mer aux alentours de l'épave;

4) des ancrages sûrs par 108 mètres de fond pour les navires utilisés pendant l'opération;

5) un système d'évacuation rapide du personnel en cas de déversement soudain d'acrylonitrile provoqué par l'effondrement structurel de la citerne no 5.

Un contrat a été passé conjointement avec Smit Tak et deux companies italiennes, Technospamec, spécialistes en plongée à saturation, et l'armement Diamar. Le contrat a été octroyé le 29 avril par les autorités italiennes qui demandaient l'enlèvement de toute la cargaison.

Le Ravello, navire de soutien de plongée de l'armement Diamar, a servi de base à l'équipe des 20 plongeurs
de Technospamec, alors que le navire hydrographique Mare Oceanio était utilisé pour leur hébergement et disposait d'un hélipont en cas d'évacuation médicale. Parmi les autres unités sur zone il y avait une barge de 90 mètres sur 30 mètres, équipée d'une station de pompage flottante.

Le 5 avril, les opérations préliminaires de récupération ont commencé. Des échantillons de la cargaison démontraient que le produit se trouvait seulement dans les citernes centrales (voir Figure 2). Le système de transfert mis en place consistait essentiellement de une ou plusieurs pompes hydrodynamiques immergées, d'un débit variable de 40/60 mètres cube/h, et d'une série de flexibles métalliques de 3 pouces, compatibles pour la manutention du produit.

Pour réduire les temps morts pendant le transfert d'une citerne à l'autre, les pompes immergées étaient connectées à un collecteur flottant submersible qui alimentait une station de pompage équipée de cinq tuyaux, puisant chacun dans une citerne individuelle et qui, ensuite, refoulaient le produit vers le navire allégeur (voir Figure 3).

Le principe qui soutendait cet arrangement était la possiblité pour les plongeurs, en cas d'urgence ou de mauvais temps, de facilement déconnecter les pompes à cargaison et les flexibles hydrauliques du dispositif qui lui restait en place sans être affecté par les vagues.

Pendant le déroulement de l'opération, des navires de lutte contre l'incendie étaient sur zone, prêts à intervenir pour étouffer avec de la mousse tout nuage de vapeur en cas de libération soudaine d'acrylonitrile. On a organisé un service médical et un hélicoptère était en position d'attente.

Des deux produits, l'acrylonitrile est considéré comme étant le plus toxique et celui qui se disperse le plus facilement dans le milieu marin. C'est pourquoi on lui a donné la priorité. Le pompage a commencé le 23 avril et s'est poursuivi pendant sept jours. Chaque produit a été tranféré dans un navire citerne différent. Le pompage de l'acrylonitrile a duré un peu plus de 24 heures et a permis de récupérer approximativement 900 mètres cubes de mélange acrylonitrile-eau. La faible teneur d'acrylonitrile dans le mélange acrylonitrile-eau n'a pas permis la récupération du produit. Le 23 avril le pompage du dichloréthane a commencé. L'opération s'est terminée le 1er mai. On a récupéré 2 182 mètres cubes de dichloréthane et 2 850 mètres cubes d'eaux de lavage des citernes. La forte concentration de dichloréthane a permis un recyclage. Toutes les eaux de lavage des citernes ont été traitées selon les procédures environnementales nationales.

Dernière modification 2020-12-09T12:11:01+00:00