1997 - -

An 1997
Navire Barge
Lieu USA
Type de cargo En colis
Produits chimiques PHOSPHURE D'ALUMINIUM

Résumé

Le 14 janvier 1997, un conteneur de transport intermodal, avec des meubles en osier en provenance de Hong Kong, a été déchargé sur un camion et transporté à l'entrepôt de la douane des États-Unis pour inspection. Les meubles ont été retirés et replacés ensuite manuellement dans le conteneur de transport. Pendant le dépotage, un employé de l'entrepôt a remarqué un objet qui semblait être un pot de yaourt écrasé, contenant une poudre blanche, et un peu de poudre blanche répandue sur le plancher du conteneur. Pensant qu'il s'agissait là de rebut, d'un coup de pied il a envoyé valser le pot de yaourt du dock de chargement sur le sol de l'entrepôt. Après deux jours dans l'entrepôt de la douane, le conteneur a été reconduit à l'appontement pour conteneurs de l'Autorité portuaire. Au poste de contrôle, le chauffeur du camion et l'employé de l'Autorité portuaire ont remarqué un petit dépôt de poudre blanche le long du chassis arrière de la remorque à la base du conteneur. Quand le chauffeur a essayé de déverrouiller la clavette d'attelage du conteneur au chassis du camion, une vive lueur a jailli à proximité de la poudre blanche. Selon l'employé, la substance a brûlé pendant 2 à 3 minutes, produisant des flammes de 2,5 cm, avant de se consumer entièrement. L'employé a notifié l'incident à son supérieur qui, à son tour, en a avisé le Service de la sûreté maritime de la garde-côte. Le conteneur a été transporté dans un endroit isolé de l'appontement pendant que les intervenants élaboraient un plan d'action.

Le Bureau de la sûreté maritime a appelé au téléphone l'entrepôt de la douane pour savoir si l'on avait observé une poudre blanche au moment du dépotage du conteneur. L'employé de l'entrepôt est allé rechercher dehors le pot de yaourt, qu'il a rapporté dans le bureau de son supérieur. L'employé a déclaré alors avoir été saisi d'étourdissements, provoqués par les "fumées" émises par ce pot, avoir éprouvé une compression de la poitrine et des nausées. Il a jeté le pot de yaourt dans un sac en plastique qu'il a refermé lâchement. L'employé est sorti respiré un peu d'air frais, il s'est lavé le visage et bientôt s'est senti mieux. Lorsqu'il est revenu en bas, il a entendu une explosion dans l'entrepôt. Il a vu une flamme haute de près d'un mètre à côté du sac en plastique, accompagnée d'une grosse bouffée de fumée. Il a remonté les escaliers en courant pour prévenir les autres employés de l'entrepôt, a ouvert les portes et les fenêtres pour aérer les lieux et a averti la brigade locale des pompiers. L'employé a été traité à l'hôpital local puis relâché mais il a continué à se sentir malade et a été incapable de travailler pendant les cinq jours qui ont suivi son exposition.

narratif

Le 14 janvier 1997, un conteneur de transport intermodal, avec des meubles en osier en provenance de Hong Kong, a été déchargé sur un camion et transporté à l'entrepôt de la douane des États-Unis pour inspection. Les meubles ont été retirés et replacés ensuite manuellement dans le conteneur de transport. Pendant le dépotage, un employé de l'entrepôt a remarqué un objet qui semblait être un pot de yaourt écrasé, contenant une poudre blanche, et un peu de poudre blanche répandue sur le plancher du conteneur. Pensant qu'il s'agissait là de rebut, d'un coup de pied il a envoyé valser le pot de yaourt du dock de chargement sur le sol de l'entrepôt. Après deux jours dans l'entrepôt de la douane, le conteneur a été reconduit à l'appontement pour conteneurs de l'Autorité portuaire. Au poste de contrôle, le chauffeur du camion et l'employé de l'Autorité portuaire ont remarqué un petit dépôt de poudre blanche le long du chassis arrière de la remorque à la base du conteneur. Quand le chauffeur a essayé de déverrouiller la clavette d'attelage du conteneur au chassis du camion, une vive lueur a jailli à proximité de la poudre blanche. Selon l'employé, la substance a brûlé pendant 2 à 3 minutes, produisant des flammes de 2,5 cm, avant de se consumer entièrement. L'employé a notifié l'incident à son supérieur qui, à son tour, en a avisé le Service de la sûreté maritime de la garde-côte. Le conteneur a été transporté dans un endroit isolé de l'appontement pendant que les intervenants élaboraient un plan d'action.

Le Bureau de la sûreté maritime a appelé au téléphone l'entrepôt de la douane pour savoir si l'on avait observé une poudre blanche au moment du dépotage du conteneur. L'employé de l'entrepôt est allé rechercher dehors le pot de yaourt, qu'il a rapporté dans le bureau de son supérieur. L'employé a déclaré alors avoir été saisi d'étourdissements, provoqués par les "fumées" émises par ce pot, avoir éprouvé une compression de la poitrine et des nausées. Il a jeté le pot de yaourt dans un sac en plastique qu'il a refermé lâchement. L'employé est sorti respiré un peu d'air frais, il s'est lavé le visage et bientôt s'est senti mieux. Lorsqu'il est revenu en bas, il a entendu une explosion dans l'entrepôt. Il a vu une flamme haute de près d'un mètre à côté du sac en plastique, accompagnée d'une grosse bouffée de fumée. Il a remonté les escaliers en courant pour prévenir les autres employés de l'entrepôt, a ouvert les portes et les fenêtres pour aérer les lieux et a averti la brigade locale des pompiers. L'employé a été traité à l'hôpital local puis relâché mais il a continué à se sentir malade et a été incapable de travailler pendant les cinq jours qui ont suivi son exposition.

Reprendre

On a réuni, sur l'appontement des conteneurs, une équipe de spécialistes des matières dangereuses appartenant à la brigade des pompiers, à la police d'état et au Service des garde-côtes. L'agent maritime a informé les intervenants que la cargaison avait été traitée au phosphure d'aluminium, un fumigant chimique.

Le phosphure d'aluminium est un biocide toxique utilisé en fumigation pour lutter contre les insectes et les rongeurs. Il réagit à l'eau ou à l'humidité de l'atmosphère pour produire de la phosphine (de l'hydrogène phosphoré) selon la réaction: AlP + 3 H 2 O -> Al( OH)3+ PH3. La phosphine est un gaz incolore qui a un goût d'ail. Elle a une TVL-TWA (moyenne pondérée en fonction du temps) de 0,3 ppm, une TVL-STEL (valeur limite de seuil de courte durée) de 1,0 ppm et un IDLH (présentant un danger immédiat pour la vie ou pour la santé) de 200 ppm. Elle s'enflamme spontanément et est souvent contaminée par de petites quantités de diphosphane, gaz qui est susceptible de s'enflammer spontanément au contact de l'air (la température d'inflammation spontanée mentionnée pour la phosphine est de 38º C) et qui peut provoquer une explosion même à la température ambiente dans un espace clos ou confiné. Le phosphure d'aluminium a une faible toxicité aquatique du fait de sa réaction avec l'eau pour produire de la phosphine qui, finalement, se transformera en acide phosphorique. Il n'existe pas de preuve de bioaccumulation. Lorsqu'il est transporté en tant que marchandise, le phosphure d'aluminium est assigné à la classe 4.3 du Code IMDG et doit porter une étiquette "dangereux à l'état humide". Cependant il convient de noter que le pesticide au chlorure d'aluminium appartient à la classe 6.1 et doit avoir une étiquette "toxique", que la formule de la plupart des pesticides contient au moins 50% d'AlP et que le risque d'avoir une cargaison hydroréactive est toujours présent.

Lorsqu'il est utilisé comme produit fumigène, la dose recommandée d'AlP varie en fonction des caractéristiques de l'espace et le type de cargaison à traiter, allant de 100 à 900 granules pour un espace de 28 mètres cubes. La dose typique recommandée pour un conteneur de 40 pieds serait de 720 granules de 0,6 grammes, soit 432 grammes. A la dose correcte, l'ensemble de l'AlP réagit avec l'humidité de l'air de 3 à 8 jours après son utilisation en laissant seulement un résidu inoffensif d'hydroxyde d'aluminium et d'autres ingrédients inertes. Si l'on utilise trop d'AlP pour fumiger un espace ou si les conditions atmosphériques sont inhabituellement fraîches et sèches, il est possible qu'il subsiste un reste d'AlP encore chimiquement actif à la fin du voyage. Le phosphure d'aluminium doit être utilisé pour de longs voyages pour permettre une libération plus lente de la phosphine. Inversement, pour un voyage court, on devrait employer du phosphure de magnésium qui libère la phosphine plus rapidement.

L'Autorité portuaire a engagé une entreprise spécialisée dans les matières dangereuses pour prendre part aux mesures d'intervention. La police d'état a essayé d'ouvrir la porte du conteneur à l'aide de son robot télécommandé, mais celui-ci n'a pas réussi à débloquer les tiges de verrouillage de la porte. Plus tard, les spécialistes HAZMAT de la brigade des pompiers, vêtus de combinaisons de protection personnelle "catégorie A", ont réussi à ouvrir
la porte. Ils se sont réfugiés dans un endroit sûr pendant que le robot de la police explorait le conteneur pour déceler toute trace d'atmosphère explosible ou de phosphine. L'exploration n'a révélé aucun risque dans l'atmosphère. A ce moment là tous les intervenants, y compris ceux du Service des garde-côtes, ont quitté le site. Le conteneur a été laissé aux soins de l'entreprise spécialisée qui a procédé au nettoyage et à l'élimination du phosphure d'aluminium qui restait encore dans le conteneur.

La cause principale à l'origine de l'incident a été le placardage incorrect du conteneur. Personne, ni le personnel portuaire de l'appontement, ni celui de l'entrepôt de la douane, ne s'était rendu compte que le conteneur avait été soumis à une fumigation. L'employé de l'entrepôt, qui avait été envoyé à l'hôpital, a déclaré par la suite qu'il aurait traité le conteneur différemment s'il avait su qu'il avait été désinfecté. Il aurait certainement, plusieurs heures avant le déchargement, ouvert les portes du conteneur pour le ventiler.

Ces mesures auraient certainement éviter une surexposition à la phosphine et l'explosion dans l'entrepôt de la douane.

Après avoir analysé l'incident avec le fabricant du produit chimique et avoir revu le manuel de l'usager, il semblerait que le pesticide n'avait pas été utilisé correctement.

Parce que le produit avait été placé dans un pot, seule la surface du produit avait réagi à l'humidité de l'air. Le résultat avait été une efficacité réduite du produit, due au faible taux de libération du gaz, ce qui a laissé subsister un résidu actif important, qui contenait des quantités considérables d'AlP encore intact.

Le chargeur, lui aussi, a peut-être utilisé trop d'AlP pour un conteneur de cette dimension. Chacune de ces erreurs peut être responsable de la surexposition et de l'explosion dans l'entrepôt. L'utilisation d'un emballage spécial, de sachets Tyvek contenant de l'hydrure d'aluminium en poudre, réduit considérablement l'exposition des travailleurs à ce produit. Les sachets empêchent les ruptures et les fuites, ce qui élimine le contact direct avec le produit. Les sachets sont perméables à l'humidité de l'air mais étanches à l'eau, ce qui réduit de façon significative les risques
d'incendie et d'explosion. Ce genre d'emballage est hautement recommandé pour la fumigation des conteneurs de transport. Dans les cales à cargaison contenant des marchandises en vrac périssables, telles que des céréales, des
bandes de sachets contenant le fumigant devraient être enfouies, à l'aide d'une sonde, à différentes profondeurs dans la cargaison plutôt que d'être simplement placées à la surface.

Dernière modification 2021-09-03T07:37:49+00:00